Monténégro et Albanie – une journée comme une autre sur le chemin, fin de ma Via Dinarica.

7h30. Je me réveille. La rosée a couvert ma tente d’une pellicule humide. Je reste allongé quelques instants, le temps de laisser mon matelas se dégonfler sous mon poids. Puis dans des mouvements presque calculés, je me plie, déplie et replie pour me retrouver assis en tailleur. Dans ma petite tente, toute la difficulté de l’exercice est de ne pas provoquer d’averse par mes mouvements. Je commence à maîtriser. Je range matelas et sac de couchage. Un peu de condensation s’est déposée au pied du duvet.

Je continue mon numéro de contorsionniste pour me changer. Même si je n’ai pas beaucoup de vêtements, je ne dors pas avec mes affaires de marche. Avec deux t-shirts et trois caleçons, j’essaye de garder quelques règles d’hygiène… Deux autres règles aussi que je m’impose dans ma tente depuis de nombreuses années : je laisse toujours mon eau à l’extérieur (sauf froid extrême), et je ne grignote pas à l’intérieur. Superstitions et habitudes…

8h. Dans un ordre quasi-militaire, je remballe mes affaires. L’optimisation de mon paquetage nécessite chaque matin de reprendre mon millefeuille. Mon duvet et mon matelas au fond, puis mon sac de nourriture et mon sac de vêtements dans un sens ou dans l’autre selon ce qui est le plus lourd. Mon objectif est de rapprocher le poids du sac de mon centre de gravité. Ma popote et mon réchaud, ma pharmacie, mes affaires de toilette, et mon sac à câbles électroniques viennent combler les espaces et caler le tout.

Ma tente est encore mouillée, je la plie ainsi. Elle séchera plus tard. Je garde dans un dernier sac plastique quelques affaires pour la journée : ma nourriture du jour, mon filtre à eau, mon couteau, du PQ, ma lampe. Ma veste de pluie, ma tente et ce sac viennent couronner mon paquetage.

Ce matin, je profite d’avoir planter ma tente dans l’eco-village Vratna pour déguster un café et négocier du yaourt frais pour aller avec mon muesli. Je lambine en terrasse. Entre une revue de presse et quelques posts Instagram, j’analyse à nouveau mon parcours du jour.

Devant moi, se dresse la chaîne des Komovi. Le massif n’est pas étendu mais il est spectaculaire. Depuis le plateau où je me trouve a 1700m, un cirque minéral en fer à cheval s’elève entre 2100 et 2400m. La journée s’annonce longue. 26 bornes au programme. Mais les départs matinaux ne sont pas pour moi.

9h. Je décolle. Je m’avance vers l’entrée du cirque par une piste de crête. Je dépasse progressivement le petit hameau estival de Vulica en contrebas. Ces hameaux (katun) sont légions dans les hauts-plateaux du Monténégro. A quelques exceptions près, ils regorgent tous de vie en été.

Des familles entières de bergers s’installent pour plusieurs mois dans les montagnes au bout de longues pistes caillouteuses. Avec eux, ils apportent vaches, moutons, chèvres ; mais aussi poules et cochons. Ce sont des villages provisoires qui prennent vie.

Lorsque la montagne commence à s’élever pour former le Kom Vasojevicki à 2 461m, la piste se transformer en chemin et commence à longer la face interne du cirque. Au pied du Kom, quelques randonneurs sont en train de plier leur campement abrité par de rares arbres. Une famille française a garé son van aménagé au bout de la piste. Le petit de la famille dans un élan de rébellion enfantine se plaint qu’on ne lui accorde jamais de temps pour se préparer.

Les touristes francophones sont en nombre depuis que j’ai passé la chaîne des Durmitor. Cette sur-représentation est assez étrange alors que jusqu’à présent, la seule française rencontrée, Mégane, était une marcheuse réalisant le même chemin que moi, mais en sens inverse. La veille, j’ai d’ailleurs pu passer ma soirée avec un petit groupe dont une des membres était originaire de Vivoin, soit moins de 10 bornes de chez moi. Grâce à eux, j’ai pu tant bien que mal soigner un genou récalcitrant depuis quelques jours.

Le van s’éloigne. Le petit et sa mère continuent d’argumenter. Un bourdonnement devant moi. Un drone est de sorti pour des prises de vue. Je continue.

10h. Le chemin traverse maintenant un pierrier en longeant le Kom. De l’autre côté du fer à cheval, je perçois de l’activité dans les Katuns qui me font face. Je reste à peu près toujours à une hauteur de 1 800m sur le versant ouest du Kom. En ce milieu de matinée, j’apprécie l’ombre que m’apporte le massif.

J’essaye de me protéger au maximum du soleil sans pour autant abuser de l’usage de la crème solaire. T-shirt manches longues, foulard autour du coup, lunettes, un autre foulard pour la tête et les oreilles, et casquette pour finir ; je passe un peu pour un extraterrestre. Je n’atteins cependant pas dans ce domaine le niveau de raffinement des japonais.

Mais le résultat est là (au détriment de mon bronzage) : pas de coup de soleil à signaler si ce n’est des oreilles un peu rougies un soir.

Le chemin finit par atteindre le cœur du cirque où il s’élève pour atteindre le col par lequel je dois passer. Je débute cette ascension finale lorsque je croise un randonneur qui re-descend du col torse nu, petit sac sur le dos, d’un pas alerte et légèrement sautillant. Je le salue d’un « zdravo », il me répond d’un « bonjour ». Je souris.

La montée est progressive avec un léger replat au milieu.

11h. 2 177m. Cafa od Carina. Je m’accorde une petite pause. Le col est agréable, pas de vent et un peu d’ombre. Une boîte métallique est fixée au sol ou à la pierre, je ne me souviens plus exactement. En son sein, un carnet et un crayon.

Ces petits carnets et boîtes sont nombreuses dans les montagnes des Balkans, même si leurs objectifs différent un peu d’un pays à l’autre. En Slovénie et en Croatie, l’objectif premier affiché est la sécurité. Il s’agît de savoir en cas de problème quels randonneurs sont passés et quelles étaient leurs destinations. En Bosnie et au Monténégro, cela prend plutôt l’apparence d’un livre d’or. On peut les trouver dans les refuges, sur les sommets, en haut des cols, ou à l’issue de passages compliqués.

Personnellement je vois ces carnets comme un moyen de créer un lien invisible avec celles et ceux qui me précèdent ou me suivent sur la Via Dinarica. Un moyen de se sentir moins seul, de s’encourager, de se rassurer sur son rythme, d’avoir enfin peut-être l’espoir de partager un bout de route pendant quelques jours.

Sur mon chemin j’ai pu ainsi marcher avec Nick et Kyle partis ensemble quelques jours avant moi, puis lorsque nos chemins se sont séparés alors que je faisais un détour pour aller regarder un certain France-Croatie, ces carnets m’ont permis de savoir, en décalé, ou ils se trouvaient et qu’ils continuaient à bien avancer.

Un petit mot d’encouragement pour ceux qui viennent après moi et je reprends ma marche. De l’autre côté du col, la vue est magnifique et l’Albanie se laisse appercevoir pour la première fois. Un groupe de randonneurs allemands est en train de gravir ce versant C’est plus pentu que la voie que j’ai empruntée. Nous échangeons quelques mots dans la descente. Je les encourage pour la dernière partie de l’ascension et leur fait miroiter la douce perspective de l’Eko-Katun Stavna.

12h. La descente a été lente. Mon genou ne me rassure pas. La douleur n’est pas intense mais la gêne est encore bien présente. Dans une telle randonnée au long court, certaines douleurs sont normales, d’autres moins.

Pendant toutes les premières semaines, je terminais systématiquement les journées avec les tendons d’Achille qui sifflaient. Et puis les douleurs se sont atténuées jusqu’à disparaître. Idem pour mes pieds. Je les ai souvent sentis chauffer, mais jamais, même lorsqu’ils étaient flétris comme du papier mâché, jamais ils ne m’ont lâché et ont laissé apparaître d’ampoules. Le corps est un outil magnifique mais il faut accepter de lui laisser le temps de s’adapter.

Et puis il y a les petits bobos circonstanciels. Un défaut d’hydratation, le sel facilite l’apparition de brûlures entre les cuisses. Un short mal ajusté, il vient coincer ma peau avec l’aide de la ceinture ventrale de mon sac jusqu’à créer insensiblement de petites plaies. Des chaussettes et des chaussures qui ne sèchent pas, des petites irritations font leurs apparitions sur mes pieds. Un foulard trempé de sueur posé négligemment sur ma cuisse lors d’une pose à l’ombre un jour où les celsius dépassent aisément les 30°C, je provoque une poussée de boutons de chaleur. Un manque d’attention sur une piste boueuse (même pas en descente), je viens empaler ma cuisse sur un tronc de bois placé sur le chemin de ma chute, et un hématome de plus de 10cm de diamètre vient colorer ma cuisse.

Tout ça peut être gênant mais ne représente au pire que des contre-temps. La gêne à mon genou gauche est autre chose. C’est un moyen pour mon corps de me signifier qu’un vrai repos s’impose. Cette douleur, je sais comment je l’ai provoquée. C’était sur le chemin entre Zabliak et Mojkovac. Ce qui devait être sur mes cartes une étape à suivre des pistes de graviers, s’est transformé en une traversée de pâturages sans aucun sentier. Mon genou n’a pas apprécié les extensions et blocages successifs provoqués par les irrégularités du terrain caché par les hautes herbes.

12h donc. Il est temps pour moi de déjeuner. Je pousse jusqu’à une source que je sais proche. Je m’inquiète un moment que cette source tant attendue soit ce liquide marron qui coule sur le sol depuis un pâturage en amont occupé par quelques chevaux. Heureusement la vraie source fait surgir des rochers une eau que je juge comme directement potable un peu plus loin.

La recherche de l’eau est une grande difficulté de la Via Dinarica. Le territoire est riche de ressources en eau, mais souterraine. Il ne faut pas compter sur la chance. Je l’ai compris dès les premiers jours. La qualité des informations que l’on peut glaner est primordiale. Savoir où trouver un puit qui ne serait pas cadenassé, comprendre comment faire fonctionner cette pompe qui nécessite de verser un peu d’eau au préalable pour la faire monter en pression, espérer que tel réservoir d’eau de pluie ne soit pas vidé, essayer de savoir si telle source ne sera pas tarie ; ce sont des exercices quotidiens sur le chemin.

Une source comme celle de ce jour est presqu’une chose rare (même si le Monténégro est moins avare sur le sujet que les autres pays traversés). Malgré le manque d’ombre, je m’installe pour profiter de mon frugal repas. Des poignées de fruits secs et de cacahuètes, un morceau de concombre, quelques biscuits, et deux ou trois tranches de saucisson. Voici mon déjeuner. Mon extra est de l’agrémenter d’un jus vitaminé sucré constitué à l’aide une spécialité en poudre, le Cedevita. Quelques compléments chimiques permettent tant bien que mal d’équilibrer mon alimentation.

Au pied de la source, quelques papiers aluminium et un sac plastique traînent. Exemple malheureux d’une réalité répandue dans la montagne et dans les vallées. Je les ramasse dans ma poubelle de fortune. Pour être franc, je ne le fais que trop rarement, mais aujourd’hui je suis d’humeur à allourdir mon sac. Je redémarre.

14h. J’arrive à la petite chapelle de Sumor. C’était mon éventuel objectif de repli pour la journée. Située en haut d’un col et au croisement de plusieurs pistes, elle permet d’avoir un toit pour dormir, et un petit lac à proximité offre de l’eau à volonté. C’est aussi le moment pour moi de prendre une décision au regard de l’état de mon genou. Les commentaires sur le reste du chemin ne sont pas très encourageant. Dans quelques kilomètres, je devrais faire du hors-sentier à travers la forêt pour descendre de 750m et arriver en Albanie.

Et pourtant, je tiens à avancer. Si j’arrive dans la soirée dans la vallée, je pourrais par un coup d’auto-stop rejoindre Nick qui est immobilisé depuis plusieurs jours à Plav (Kyle lui s’est envolé vers les USA). Un soir d’orage, il a voulu s’abriter dans une grange d’altitude. En sautant par une fenêtre, il s’est empalé le pied sur deux clous bien rouillés. Depuis il expérimente la médecine et les hôpitaux monténégrins. Il quittera cependant Plav le lendemain pour le Kosovo. Celà pourrait donc être ma dernière chance de pouvoir le voir et lui souhaiter un prompt rétablissement.

Je confie mes atermoiements à deux Monténégrines qui patientent à côté de leur Lada Niva au pied de la chapelle. Comme beaucoup elles sont là pour la collecte des myrtilles. Armés de petits râteaux, il sont nombreux à arpenter les montagnes pour assurer cette collecte. Elles ne sont pas chanceuses, la zone choisie pour la journée a déjà été ratissée. Mon niveau de slovène-croate-bosniaque-serbe-monténégrin (en bref de yougoslave) ne m’emmène en général pas très loin dans la conversation. Mais je suis chanceus puisqu’une des femmes vit en France depuis 20 ans. Elle est là pour les vacances.

Son frère qui connait bien le coin devrait pouvoir me conseiller au mieux. Il ne doit pas tarder à arriver. En attendant ce sont ses neveux qui arrivent dans ce qui un jour fut une voiture mais qui par miracle continue de rouler. Une des options que j’envisage est de rejoindre la ville d’Andrijevica d’où je pourrais rejoindre Plav. Andrijevica, c’est 22 bornes. J’essaye de comprendre quelles sont mes chances de pouvoir profiter d’un peu de stop pour y aller. L’assemblé rassemblée est pessimiste. Un homme, surgi je ne sais d’où, se mêle au débat. Pour lui, en 3h, je suis à Andrijevica. Mais son niveau d’alcoolémie ne m’inspire pas confiance.

15h. Le frère de mon ange-gardien arrive. Pour lui, la meilleure solution est de suivre mon itinéraire initial. La descente vers la vallée ne serait pas si terrible… Il me propose de m’avancer que quelques kilomètres en m’emmenant au bout de la piste, en haut de la descente. J’accepte volontiers. Il me dépose à Bindza Krivodoljska non sans un changement de véhicule au milieu. Sa voiture ne permet pas de monter le bout de côte. Seul le Lada Niva a ce qu’il faut.

Lorsqu’il me dépose, je n’ai pas le temps de le remercier. Il a sauté du Niva dès qu’il s’est immobilisé pour aller enguirlander l’habitant du hameau. Je suppose que cela avait un rapport avec le fait que les myrtilles aient déjà été ramassées… C’est donc son fils qui me donne les dernières instructions. Ce que j’en retiens, c’est que je dois passer entre deux Kolibas et arriver à une rivière. Je m’éloigne alors que les échanges virulents se poursuivent.

Je trouve les deux Kolibas, le chemin qui passe entre les deux, puis après quelques centaines de mètres, j’arrive bien à une source. Ma trace GPS passe, elle, plus en amont. Deux options possibles s’offrent à moi maintenant. Essayer de suivre le lit de la rivière ou rebrousser un peu chemin pour descendre à travers la forêt. Dans les deux cas, l’objectif serait le même : rejoindre ce qui sur ma carte serait un chemin qui devrait croiser ma trace GPS plus loin. Le lit de la rivière est trop abrupte pour moi. Je prends l’alternative forêt.

Rapidement la pente s’accentue. L’équilibre sur les feuilles mortes est précaire. Je joue les acrobates en m’aidant des arbres de proche en proche pour descendre de quelques mètres. Je finis cependant bien involontairement sur les fesses. Peut-être est-ce au final la meilleure des techniques… Je perçois une ouverture, un passage d’animal qui rejoint le lit de la rivière. Je crois avoir développer un certain instinct de pisteur au cours de ce voyage. Je ne me trompe pas, cette piste me mène au chemin recherché puis plus loin je rejoins bien la trace GPS.

17h. Ça y est je suis en Albanie. La descente dans la forêt fut longue. Pas beaucoup de kilomètres, mais une absence complète de sentier. Le terrain est accidenté. Aller tout droit n’aurait malheureusement pas été une bonne solution. J’ai essayé de rester au plus proche de ma trace.

Je suis resté vigilant en descendant. Mes informateurs du jour ont évoqué la présence d’ours dans les parages. J’ai déjà eu la chance de pouvoir en croiser quatre, dont une mère avec ses deux petits. Mais j’avais à l’époque pour me rassurer un aérosol au poivre qu’un Croate m’avait offert. Heureusement un rhume temporaire est venu faire office de sonnettes anti-ours en me faisant éternuer régulièrement…

Un passage de rivière matérialise la frontière. De voyageur illégal au Monténégro, je deviens voyageur illégal en Albanie.

Une fois la rivière traversée à gué, la suite se déroule sur un chemin forestier. Bientôt j’accompagne des vaches dans leur descente vers la vallée. Je n’ai pas quitté le genre humain il y a bien longtemps mais ce passage sauvage dans la forêt a été un catalyseur d’une sensation soudaine d’isolement.

Cette rencontre pastorale est le premier stade d’un retour à la civilisation. Lorsqu’arrivent les premières habitations du hameau de Vermosh, des cochons en liberté se montrent. Deuxième stade de ma ré-acclimatation.

J’aperçois des paysans en train de constituer des pyramides de foins. Troisième stade. Je suis embêté, je ne sais pas comment les saluer. Je me contente d’un salut de la main et d’un timide « hi ».

Dernier stade, je retrouve la route (de graviers) et des commerces (une cahute faisant office de bar).

19h. Je suis à Vermosh. Peu d’activité sur la route, pas de possibilité d’auto-stop. Je commence à douter de ma capacité à rejoindre Nick ce soir. Je longe la rive droite du lit de la rivière asséchée. Sur ma droite, un jardin ombragé, quelques groupes de gens attablés, un van aménagé garé sur l’herbe. A l’entrée un petit écriteau « open ». Je tente ma chance. C’est un guesthouse-camping-bar-restaurant…

Peut-être que certains des clients vont aller vers Plav ce soir. Mais d’abord, je ne vais pas passer l’occasion d’un bon repas. Salade de tomates et de concombres, agneau et pommes de terre sautées, yaourt aux poivrons sont au menu. Sans surprise ou presque, il y a du wifi. J’informe Nick de mon avancement. J’en profite pour envoyer à Kasper et Piotr qui me suivent quelques infos. J’ai aussi marché avec Piotr pendant quelques jours. Quant à Kasper le lien n’est que par Facebook. Je ne le verrai peut-être jamais.

Ce soir sont présents à la guesthouse, un Belge et son (grand) fils, une Hollandaise en solo, des Suisses partis avec leurs deux enfants pour un an en van, des expatriés Albanais en Italie et en Angleterre venant redécouvrir leur pays. Assez surprenant de voir cette activité touristique dans ce coin perdu d’Albanie.

Tous restent dans le coin ce soir. Le Belge concède être prêt à m’emmener mais la fatigue a raison de lui. Il regagne finalement ses pénates avec son fils dans une autre maison à proximité. Je décide finalement de camper ici. Je ne verrai pas Nick qui prend un bus pour Pristina le lendemain matin.

21h. Il est temps de me coucher. Les expatriés Albanais sont encore debout et profitent de la douceur de la soirée. J’étudie ce qui m’attend pour les jours à venir et m’endors. Il est 22h.

Épilogue.

Je reprends mon chemin dans la vallée le lendemain matin. Je refuse une première proposition de stop, mais accepte la seconde lorsque j’arrive au poste de douane pour rentrer à nouveau au Monténégro. Ce passage de frontière est l’occasion pour moi de revenir à la légalité.

Mon transport est un camping-car allemand. Je l’avais doublé un peu plus tôt alors que ces occupants profitaient d’une rivière pour une petite baignade. Lorsque j’embarque, ma volonté est qu’ils me déposent à Gusinje pour reprendre le chemin qui doit me conduire à nouveau en Albanie, pour marcher les 50 derniers kilomètres de la Via Dinarica.

Finalement un déclic se produit peu après le frontière. La descente vers Tethe, même sans monter au Maja Jezerce, point culminant des Alpes Dinariques à 2 694 m, me semble trop hasardeuse avec mon genou. 700m à descendre en 1,5 km. Je vous laisse faire le calcul. Je me trouverai aussi dans ce qui est Albanie touristique. Je décide non pas d’abandonner mais de m’arrêter là. Mon (non) programme de l’année à venir sera intense, une blessure stupide serait mal venue.

J’ai marché au final plus de 1 100 bornes des 1 300 de la Via Dinarica. J’ai relié Postjona en Slovénie à Vermosh en Albanie. Je suis content, satisfait et fier.

Je demande à mes compagnons allemands de me lâcher à Plav. J’effectuerai mon retour vers la France à partir de là.

Épilogue bis

Le hasard de mon chemin du retour a finalement pu permettre de prendre un café à Pristina avec Nick. Le traitement pour son pied est toujours en cours, mais la qualité des soins au Kosovo lui laisse bon espoir de pouvoir repartir marcher dès mi-septembre. Ce sera la Géorgie pour lui.

Moi, je devrais me diriger vers l’Amérique du Sud dans quelques semaines. Un travail à terminer là-bas.

6 comments

  1. toujours impressionnant Romain j avais hâte de te lire.surtout soigne bien ton genou avant de repartir.
    Bisous bonne continuation .
    à bientôt
    Gisèle

  2. Bonjour Romain, toutes mes félicitations à toi pour ce magnifique périple. Te suivre dans tes étapes successives a été un vrai plaisir. Bon rétablissement et repose toi bien.
    👍😉 champion.

  3. Cet accomplissement en si peu de temps me laisse coi. T’as de sacrées ressources, et derrière ton témoignage humble t’as du quand même bien en chier ! Tu fais preuve d’une belle liberté et sagesse en t’acquittant des dernières bornes pour envisager une tout autre suite dans un tout autre ailleurs. Allons-y !

  4. Bravo Romain pour ce carnet de voyage bien écrit et . Nous sommes rentrés hier de nos vacances au Monténégro très satisfaits
    bonne route en Amsud
    Renaud rencontré à l’écovillage de Vrana

  5. Romain, ton récit et tes souffrances sont un véritable plaisir pour nous lecteurs 🙂
    Explore notre belle planète et merci de nous en faire profiter!
    David M.

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