BRESIL – Malaise – 12/11/2009

Dormir à l’hôtel, manger au restaurant. Ceux-ci sont des bouibouis, ceux-là des -1 étoile mais malgré tout depuis que j’ai débuté mon périple en Amérique du Sud je suis dans un luxe que je n’avais pas connu et que je n’avais pas souhaité. J’ai un peu le sentiment d’avoir dénaturé le sens de mon voyage, de mon vagabondage. Quelques euros pour une chambre, il est facile de céder. Je perds le plaisir de chercher, le plaisir de me réveiller au milieu de nulle part, une partie de ma liberté. Peu à peu nait le sentiment que mon aventure devient conventionnelle, que je pourrais vivre la même chose durant mes vacances annuelles de travailleur (presque) modèle. Durant un an et demi je me suis approché de l’état de vagabond. Je deviens voyageur-touriste.

Reprendre le chemin du vagabondage en Amérique du Sud ? Je n’y crois pas. En acceptant mon image de gringo, j’ai changé de route. Pendant longtemps je fus celui qu’avait pas grand chose, celui qui dans un sens était en droit de mander la charité. En Amérique du Sud je suis devenu celui qui a. Celui qui peut voyager, celui qui a le droit de traverser la frontière, celui qui a des économies. J’ai perdu le droit de demander. J’en arrive à penser qu’il est injustice que je puisse voyager. Ma présence elle-même me semble être un manque de respect.

Je rentre en France.

8 comments

  1. Bonjour Romain,

    Je voyage assez souvent, bien que dans d’autres conditions que toi. Et je partage tout à fait ton malaise vis à vis de l’écart qu’il peut exister entre les locaux et les touristes voyageurs. Même avec la meilleure volonté et une bonne dose d’humilité, notre présence éphémère et notre pouvoir d’achat (un gros billet et on sort d’un coup dur, un coup de fil et on s’extrait du pays) font encore plus jaillir la détresse rencontrée.

    A ta dispo pour en discuter autour d’une bière.

    Bien amicalement,
    Nicolas.
    (je suis ton blog et tes aventutes depuis un an.)

  2. Coucou Romain… Dur d’entendre ça… est-ce que ton périple n’est qu’un jeu de funambule sur le fil fragile de la richesse et de la pauvreté du monde ? Peut-être faut-il réussir à sortir de ce regard sur toi et tes relations avec les autres, non ? Je crois que c’est en Amérique du Sud que j’ai eu le plus l’impression de d’échanger avec d’autres êtres humains, alors même que j’avais renoncé à me poser la question d’être ou non un « gringo ». Ne soit pas trop dur avec toi !

    Avec toute mon amitié.

    1. Salut Séverin,
      Je pense que ton expérience est juste et j’aurais pu vivre la même chose. Mais comme dans tout, on a tendance à mettre le moment présent au regard des moments passés. Après l’Asie pour toi, je comprends que tu puisses avoir ressenti une plus grande ouverture, rien que par la langue. Pour moi j’avais vraiment l’impression d’un autre voyage et d’un horizon qui se referme. Je crois aussi que tout simplement j’avais une envie de rentrer, à un moment le plaisir s’estompe.
      Bon vent à toi

      Romain
      PS : je suis tombé hier soir par hasard sur une petite video youtube d’exemple d’interaction humanoïde-humain… tu fais très bien le pilier de bar 🙂 …

  3. Belle réflexion finale….

    Et au bon moment

    Qu’en serait il si tu avais inclus l’Afrique profonde ….dans ton trip…tu n’aurais pas pu continuer…car en Amérique du Sud..tu sens la faille qui te ramène (presque) au touriste lambda..en Afrique tu es…un riche tentateur…c’est souvent insupportable.

    Mais…belle expérience…bravo

    1. Salut Gérard,

      Merci pour ton message. Bruno (que tu as croisé si je ne me trompe) m’en a parlé aussi.
      J’espère cependant que de ton côté tu profites bien de ton périple africain !
      Bon voyage !
      Romain

  4. Salut Romain,

    Je visite ton blog de temps en temps, et au hasard je lis un ou deux billets, quelques photos… J’ai pas mal de boulot avec mes études, tu l’imagines. Le Baikal c’est pas encore pour l’année prochaine.

    Je suis tombé sur ce billet. Je t’encouragerai plutôt comme Séverin, à poursuivre ta route, c’est une expérience personnelle très intéressante, parfois bouleversante, et enrichissante pour la suite de ton voyage, j’espère que tu peux la partager le possible sur ton chemin en direct avec les gens que tu rencontres ou avec ta famille et amis.

    As-tu lu le bouquin envoyé ‘Le centaure de L’Articque »?

    Au plaisir de te lire.
    Donc plein d’encouragements même si tu as décidé d’interrompre ton voyage.

    Olivier

    1. Salut Olivier,
      Merci de ton message 🙂 Je vais continuer ma route, mais un peu différemment.
      Je viens de finir le centaure de l’arctique… c’est un super bouquin… qui fait naitre de nouvelles envies ! C’est une aventure incroyable.
      Je te souhaite plein de bonnes choses et de bonnes fêtes de fin d’année.

      Romain

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