PEROU – Le bateau immobile, Yurimaguas – 12/10/2009

Histoire d’information… dans la rue ou à l’hôtel où j’étais descendu, tout le monde s’accordait pour me dire que des bateaux partaient le lundi midi pour Iquitos. Seul un guide qui avait tenté de me hamçonner me présenta une histoire différente : « ils vont te dire qu’il y a des bateaux, mais c’est faux, ils se contentent de charger. Ils ne partiront que demain ». Considérant qu’il essayait de me vendre un tour guidé, je pris son avertissement avec précaution, et préférai sur le coup de midi aller sur place cueillir l’information.

Je n’étais pas encore entré dans le port et discutais avec quelques travailleurs du coins qu’un rabatteur vint s’occuper de moi. Un gringo par ici, c’est soit qu’il veut aller la Laguna, soit c’est pour Iquitos… dans tous les cas il lui faut un bateau. Il me vendit son truc, me parla d’une compagnie dont j’avais lu quelques lignes sur Internet. Me dirigeant avec lui vers les bateaux je lui demandai à plusieurs reprises si le bateau partait bien aujourd’hui, il me le confirma à chaque fois.

Au fond, ça ne changeait pas la donne pour moi : passer une nuit de plus logé et nourri dans ce ferry de pacotille n’était pas pour me déplaire (surtout sans dépenser une sole de plus). En se rapprochant du quai un nouveau rabatteur vint tenter de voler la proie. Sa volonté persistante et insultante à vouloir dénigrer mon premier pêcheur de gringo ne me plut pas. Je demandai néanmoins quand partait son bateau. « Aujourd’hui » me répondit-il et mon premier pêcheur de rétorquer « il ment, il part demain » et le second à nouveau « nan, c’est lui qui ment, SON bateau part demain ». Amusé par cette petite bataille, je restais sur mon premier choix avec la quasi-certitude que le guide qui m’avait alerté avait raison et qu’il y avait de fortes chances que le bateau ne bougea pas avant le lendemain.

J’abritais mon vélo dans la cale de l’Eduardo VII… bien vide… puis montais à l’étage installer mon hamac. Les deux étages supérieurs étaient réservés aux passagers. J’avais choisi la solution hamac la plus économique (60 soles qui se sont transformés en 40 soles + 10 soles pour le rabatteur) : un grand dortoir encerclé de bancs où chacun installe son hamac dans la largeur, une soixantaine de hamacs en deux rangées. Au fond de la salle, la cuisine est à gauche, les sanitaires/douches sont à droite. Les gringos à l’étage supérieur… sauf moi.

Lorsque je pénétrai dans la pièce, de nombreaux hamacs et familles avec leurs bagages étaient déjà en place, me laissant douter de l’heure du départ. Finalement le soir arriva et les quelques membres d’équipage à qui j’avais pu soumettre la question continuaient de m’indiquer que le départ se ferait dans la journée. Finalement le bateau pris sa route le lendemain après-midi, plus de 24 heures après que j’y fus monté. Et ce fut bien sûr le cas aussi du bateau du second rabateur.

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