PEROU – Faible racket – 29/09/2009

Les policiers, milices, douaniers, militaires éveillent quelques fois des craintes, tant leur image est associée à celle de la corruption dans beaucoup de pays.

En Russie, chaque policier rencontré m’apporta de l’aide. Ceux de Blagovishensk m’offrirent le thé et à manger à la sorti de la ville ; quelques jours auparavant un flic de faction dans une gare me ménagea une petite place dans son local pour que je puisse passer la nuit au chaud… et puis c’est tout… pas beaucoup de rencontres des forces de l’ordre à l’Est, beaucoup plus à l’Ouest.

Pour être plus exact, beaucoup plus aux USA. Je ne crois pas avoir passé un jour aux Etats-Unis sans voir ou entendre une voiture de flics (Liberté ?). Hormis quelques mauvaises histoires plus dues à de la méfiance (et parfois un peu de bêtise) que de la méchanceté, les shérifs et polices de toute sorte m’aidèrent aussi : nuit dans le garage d’un commissariat, nuit de motel payé par le bureau du shérif, installation de la tente au pied de la prison, …

En Amérique du Sud, mes rencontres de ce type furent rares. Il me fallut attendre de me rapprocher de la frontière avec le Pérou en Equateur pour voir se manifester une présence policière : des contrôles militaires, peut-être des restes de la guerre Equateur-Pérou dans les années 90. Pour le premier d’entre eux en arrivant à Zumba, les soldats – parce qu’il faut les mettre quelque part – m’offrirent un verre de coca et des mini-bananes. La situation changea bizarrement du côté péruvien de la frontière.

En une journée et demi j’ai pu apercevoir à trois reprises de drôles de milices sur le bord de la route. Pantalon kaki, chemise ou t-shirt standard, armement non-standardisé (fusil à pompe, carabine, …), ils contrôlent le trafic en s’aidant d’un dos d’âne fait-maison. Les deux premières fois, des hommes seuls avec une moto-taxi. La dernière fois, ils étaient six ou sept dans un accoutrement se rapprochant plus du bandit de grand chemin que d’une quelconque armée régulière. Et à la différence des premières rencontres, ils ne me demandèrent rien. L’effet « auto-contrôle du groupe » a dû jouer en ma faveur. Car en effet les deux miliciens solitaires ne se génèrent pas pour me demander un peu d’argent à mon passage. Le comique de l’histoire est que pour chacune de leurs tentatives, je me contentai de répondre par la négative, et chaque fois eux m’autorisèrent à reprendre la route sans essayer d’avantage… me laissant presque sur ma faim. Manque d’entraînement pour le racket de gringos.

J’eus par la suite l’occasion de demander des précisions aux locaux. Ces hommes sont là pour protéger la population des nombreux voleurs qui séviraient dans le coin : payer serait participer à l’effort de sécurité. En échange, ils effectuent contrôles routiers et rondes nocturnes. Vu leurs manières d’agir il semble qu’ils participent véritablement à un mouvement citoyen d’auto-protection (et non pas un système mafieux).

En effleurant la situation ici, je pense aux panneaux de la révolution citoyenne en Equateur qui a grands coups de communication et d’annonces annonce le retour de l’état de droit et un renforcement de la police. Je ne peux pas m’empêcher d’imaginer que peut-être la situation était identique des deux côtés de la frontière, et que le mal (l’insécurité ou le sentiment de celle-ci) aurait été réglé en Equateur grâce à des panneaux (car à part ça, je n’ai pas vu de véritable présence policière). Mais ce n’est qu’une supposition…

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