CANADA – Zone tampon

J’avais naïvement cru que la frontière entre les provinces de Québec et de l’Ontario serait classiquement tranchée au couteau par l’histoire. D’un côté d’une ligne les francophones catholiques chieurs amateurs de poutine et de l’autre les anglophones protestants réformistes bouffeurs de burgers.

Et puis j’ai passé la ligne sur la carte. Un panneau m’indiquait le changement de province. La route de toute lézardée et quelque peu cabossée devenait un parfait macadam comme pour essayer d’humilier le québécois. A y regarder de plus prêt, je passais de la région touristique d’Abitibi en Abitibi. Le lac et la rivière éponyme étendaient leurs flots en territoire ontarien. Le premier village affichait fièrement son soutien à l’équipe locale de hockey : les esquimaux d’Abitibi. Je me trouvais en quelque sorte dans des Ardennes canadiennes.

En m’enfonçant toujours plus vers l’Ouest je remarquais encore et encore un double affichage quasi-systématique en français et en anglais de toutes les informations officielles… jusqu’aux nom des rues : Ch. Stanislas Rd. (Chemin Stanislas Road). Et puis quelques panneaux publicitaires en français. Pour le double affichage administratif une loi existe en Ontario sur le sujet : la loi sur les services en français.

Pourtant dans les premiers magasins où je m’arrêtais je n’entendis résonner que la langue de Shakespeare. Dans la rue le passant ne m’interpellait pas en français. Dans les restaurants les serveuses s’adressaient d’abord en anglais. Cependant ici et là je reconnaissais quelques clients parlant la langue de Molière.

En continuant toujours plus vers l’ouest, la confusion ne cessait d’augmenter. Ici ou là un dépanneur, une école ou une banque en français. Ce soir je suis à Harty. Ca sonne bien anglais… et pourtant le village est peuplé majoritairement de francophones. J’en perds mon latin et par moments je ne sais plus en quelle langue je dois m’adresser à mes interlocuteurs. Je recherche le petit indice pour m’aiguiller. A la maison où j’ai frappé en fin de soirée, ce fut le paillasson « Bienvenu e». Une zone de flou entre les deux Canadas historiques.

1 comment

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