CANDA – Chauffeur de truck

Les régions un peu perdues le long du Saint Laurent (et encore je ne suis pas allé au bout de la route) n’ont que peu de diversité économique. La terre est rarement riche, si ce n’est en quelques endroits sur les bords du fleuve. Il y avait quelques mines mais elles ferment petit à petit. La nouveauté et le dynamisme est à chercher du côté de l’énergie (hydraulique et éolienne). Proche du triptyque classique administration-commerce-restauration, les activités liées au tourisme sont bien implantées… mais ne sont pleinement opérationnelles que quelques mois par ans.

A la mi-mai, les aires de repos sur les routes n’ont pas encore immergées de leur repos hivernal, les offices de tourisme ne sont pour la plupart pas encore ouverts et les campings affichent portes closes jusqu’à la fin du mois. Les températures commencent à dépasser régulièrement les 10°C et certains jours les 15°C. A 100 ou 200m d’altitude la neige est encore présente et certains lacs finissent à peine de dégeler. A chacun de mes arrêts les gens me répondent la même chose : il commencera à y avoir du monde après la Saint Jean-Baptiste. Les pêcheurs entre autres devront alors commencer à arriver.

Pourtant les routes sont déjà bien encombrées bien plus que la densité de population le laisserait présager. Les camions sont rois. Pour les cyclistes, le gouvernement s’évertue à mettre en place un réseau d’itinéraires cyclables mais il est encore tant morcelé qu’il n’est pas rare de devoir partager la chaussée avec les trucks déboulant en oubliant souvent l’usage des freins. Une voiture ou un camion qui débarque en sens inverse, il vaut mieux pour le cycliste se précipiter sur les bas-côtés de gravelle que de jouer avec la mort.

En Gaspésie je fus chanceux : la période de dégel n’étant pas terminée les véhicules lourds n’étaient pas autorisés à circuler sur certaines routes me laissant le champ libre. Mais après avoir traversé le Saint-Laurent pour monter vers Québec les situations n’étaient pas toujours des plus sécuritaires. Mon rétroviseur sut s’avérer utile, comme toujours.

Les camions sont effectivement légions pour se mettre au service de l’exploitation forestière. J’ai eu l’occasion de discuter avec deux chauffeurs. Le premier avait été victime d’un arrêt cardio-vasculaire et le second d’une rupture d’anévrisme ; tous les deux vers la cinquantaine. En période d’activité, ils tournent six jours par semaine non stop à deux chauffeurs par camion. Les mesures de contrôle des durées de conduite sont inexistantes. Les disques sont présents chez certaines grosses compagnies – a priori pour leurs usages internes – mais les petites compagnies n’en utilisent pas et n’ont pas à le faire. Il vaut mieux pour le cycliste se précipiter sur les bas-côtés de gravelle que de jouer avec la mort.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s