USA – Une histoire pastorale

Voici une histoire surprenante qui m’est arrivée ce mecredi 25 février. Je vous parlais dans un précédent billet de ma nouvelle technique dite « des églises » pour trouver un endroit où dormir. Je comptais la mettre en pratique ce mercredi.

La journée se terminant, je me mis en quête d’une église annonçant une bible school (catéchisme) ou une séance de prières pour la soirée. Il ne me fut pas difficile d’en trouver une dans un petit hameau idyllique au milieu de la forêt et éloigné de la route principale. J’aurais difficilement pu envisager quelque chose de mieux. Si l’église me refusait le gîte, elle ne pourrait pas me refuser de planter ma tente dans son immense terrain. C’était ce que je m’imaginais.

J’attendais patiemment l’heure de la bible school. Alors qu’elle se rapprochait un fidèle débarqua sur place. Je lui expliquais mes attentes et lui m’informa que j’étais mal tombé puisque la session du soir était annulée. Il téléphona cependant au pasteur et lui transmis ma requête. La réponse en retour fut positive. Je passais un peu de temps avec le fidèle et un de ses compagnons d’église arrivé peu de temps après puis commençais à m’installer. Ma maison installée et ma chambre parée, je me préparais à passer aux fourneaux lorsqu’un pickup faisant le tour de l’église s’arrêta auprès de moi. Avec mon meilleur profil, je m’approchai du conducteur qui me baragouinait quelque chose avec cet accent du sud parfois difficile à comprendre.

  • Ya can’t put your tent there ! (tu peux pas mettre ta tente là)

  • Good evening (Bonsoir)

  • Ya can’t put your tent there ! (tu peux pas mettre ta tente là)

  • A decant called the pastor and he told me that was ok (Un fidèle a appelé le pasteur et m’a dit que c’était bon)

  • Ya can’t put your tent there ! (tu peux pas mettre ta tente là)

  • But the pastor is ok (Mais le pasteur est d’accord)

  • Now ya’re speaking to the pastor. Ya can’t put your tent there. (Maintenant tu parles au pasteur. Tu peux pas mettre ta tente là)

  • Ah ok. Sorry. Then, where can i put it ? Over there ? (Ah d’accord, désolé. Donc où est-ce que je peux la mettre ? Là-bas ?)

  • No ya can’t put your tent there. It’s a private property. Ya have to leave ! (Non tu peux pas mettre ta tente là, c’est une propriété privée. Tu dois partir !)

  • But 30 minutes ago, you were ok. Did you change your mind ? (Mais il y a 30 minutes, vous étiez d’accord ? N’est-ce pas ?)

  • Yes, I changed my mind. Ya can’t put your tent there. Ya have 20 minutes to leave the church, else i’ll call the police (Oui, j’ai changé d’avis. Tu peux pas mettre ta tente ici. Tu as 20 minutes pour partir, ensuite j’appelle la police.)

  • But…. why did you change your mind ? Did I do anything bad ? Do I look like a bad guy ? Do you want my ID ? (Mais… pourquoi avez-vous changé d’avis ? Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? Est-ce que j’ai l’air méchant ? Voulez-vous une pièce d’identité ?)

  • 20 minutes to leave, else I’ll call the police. The guy over there is watching on ya. (20 minutes pour partir après j’appelle la police. Le mec là-bas te surveille)

Je laissais tomber et remballais mes affaires dans la nuit. Mon paquetage ré-assemblé, j’écrivais un mot destiné au pasteur – rien d’agressif, juste pour transmettre mon adresse mail et lui donner ainsi l’occasion de m’expliquer son changement d’attitude – à la lumière d’un réverbère lorsqu’une voiture banalisée alla se garer de l’autre côté de l’église. Peu de temps après une lampe torche venait éclairer mon vélo à une dizaine de mètres de moi. Je me rapprochai. Et voici qu’une petite lumière rouge vint se balader sur mon torse. L’homme à la lampe entouré de trois compagnons m’ordonna de m’arrêter. La point rouge venait du Tazer qu’il avait en main. Docilement, j’exécutais ses ordres. Me pensant armé, je devais pour le rassurer effectuer toutes mes actions avec le plus grand calme pendant que lui gardait son arme immobilisante pointée sur moi. Il finit par comprendre que j’étais bien inoffensif, et de mon côté je m’aperçus que ses trois compagnons étaient le pasteur et ses deux fils. Pendant que la famille pastorale reste terrée dans un coin, nous commencions à évoquer mes possibilités de replis lorsqu’une voiture du shérif débarqua. Finalement escorté par ce dernier intervenant, j’allais trouver un emplacement pour planter ma tente auprès d’un snack/station serivice de routiers.

Et ainsi je pu utiliser les 20$ que Joe un fermier du Mississipi m’avait offert dans la journée pour me payer un repas chaud…

4 comments

  1. Bien dis donc, c’est chaud, les States! Dans tous les cas, essaie de ne pas rentrer converti à une quelconque religion!!! Biz

  2. Rien ne vaut un bon p’tit routier avec un quart de rouge, les eglises ca ne m’ont jamais inspiré confiance moi…!!
    Bises et bonne route.

    Quentin

  3. Bonjour Romain quel periple mon pauvre faut étre courageux au moin la tu est sur de ne pas rencontrè le diable je suppose puisque tu couche dans les églises ? tu as de belles photos tu vas en avoir plein la tète bon courage pour la route car elle est longue je t’embrasse René chateau

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s