SIBERIE – Partie de chasse – 06/12/2008

J’hésitais quand au choix du titre pour ce billet avec « Chasse à la kalachnikov ». J’ai finalement tranché en hommage à l’excellente BD éponyme de Christin et Bilal (J’ai un doute sur le fait que ce soit Christin au scénario, mais l’amateur de passage saura me corriger si je me trompe). Mon histoire est bien-sûr moins dramatique.

Après une longue traversée de la forêt sibérienne, j’ai changé hier de décor. Autour de moi maintenant la steppe désertique s’étend à perte de vue. Et ce fut ma source d’inquiétude hier. J’étais parti confiant : ma carte me faisait espérer de nombreux villages bordant la route. Il n’en était rien. La nuit tombait après une longue journée sibérienne – 65 km – , je commençais à envisager d’arrêter un camion, et puis l’espoir prit la forme d’un panneau indiquant un village à quelques kilomètres de la route principale. Arrivé au village, j’y croisais quelques vaches. Je tentais de m’informer auprès d’une passante pour trouver la mairie, espérant m’y réfugier. Elle m’envoya balader me faisant comprendre que j’allais dormir dans la rue. Deuxième essai avec un homme du village, il ne décrocha pas un mot. Rien de bon à première vue. Je m’en suis donc allé frapper à la première porte du village. La grand-mère (aka baboucka en russe) que j’y trouvai me conduisit dans une maison abritant des bucherons saisonniers. Un lit n’attendait que moi. Je m’installai et commençais à boire et à manger avec mes nouveaux camarades.

Ce fut le moment que choisit Igor le fils de la babouchka pour débarquer de la ville en me pressant de venir passer la nuit dans sa maison du village. Un peu gêné pour mes hôtes de quelques heures, j’acceptai néanmoins de le suivre. Je compris qu’il venait passer le weekend ici pour chasser avec ses amis. Une fois installé dans sa maison en restauration, ces amis ne tardèrent pas à arriver de la ville voisine avec nourriture, armes, vêtements… Une fois le repas passé, sur les coups de 1h du matin, ils s’en allèrent pour une première partie de chasse nocturne. Je ne les accompagnai pas, préférant la chaleur de mon lit après cette journée harassante. Ce matin, je les accompagnais pour la deuxième mi-temps. Par la même occasion, j’ai pu me rassurer un peu sur ma santé mentale. Je n’avais jamais tenu d’armes à feu (j’ai bien une petite histoire de combat à l’arme blanche, mais ce n’est pas le lieu pour m’attarder dessus), mes camarades me donnèrent l’occasion de tenir en main leurs compagnes de jeu. Dans cet acte, je n’ai ressenti aucun pouvoir particulier, aucun plaisir, aucun sentiment de sur-puissance. Il n’y a que le pouvoir destructrice de cet objet de quelques kilos qui a su me saisir et m’effrayer. Je ne saurais en faire usage.

Les préparatifs terminés, nous partîmes en fin de matinée. M’accompagnaient deux fusils, une carabine, un fusil-mitrailleur kalachnikov, un chauffeur et deux chiens. A bord d’une fourgonnette tout-terrain, nous avons parcouru la steppe, traçant notre chemin dans la neige. Occasionnellement, un tireur sortait son buste par le trou pratiqué dans le toit de la machine, prêt à faire feu. A quelques reprises nous sortîmes essayant de coincer quelques gibiers dans les rares bosquets qui cassaient la monotone plaine. Au final, après cinq ou six heures de partie, nous rentrâmes bredouilles. Je dus porter malchance.

6 comments

  1. Salut Romain,
    Et moi qui me plaint du froid sur Paris (-1 ce matin…mdr…).
    Perso préfère faire une dégustation entre amis chez Gérard puis rentrer gentiment chez moi… moins de risques… Quoique dans le RER… quelle expédition.
    Allez continue de nous faire voyager à travers tes billets. Courage A+ Fifi

  2. BONJOUR,
    Penses-tu pouvoir te réadapter à notre froid français?…! Attention à la vodka qui semble bien réchauffer! Sais-tu où ton périple va se poursuivre après ce froid sibérien? Continue ton carnet de bord qui nous emmène un peu avec toi. Bisous

  3. Chantal m a donné l ‘adresse de ton blog. C’est très agréable de suivre ton périple, et puis la Sibérie! c’est pas banal, j’avoue que j’ai regardé les cartes pour voir ce que tu avais parcouru.
    Bonne continuation à toi, et merci de nous faire partager tes rencontres ( bûcherons, amateurs de vodka, et autres chasseurs…)
    bisous
    Catherine Rouillard

  4. bonjour Romain comment vas tu par ce froid dans ce pays perdu.j’ai la visite de tes parents aujourd’hui mais ils se plaisent au coin du feu c’est vrai qu ‘il fait froid aujourd’hui on retourne au coin du feu je t’embrasse tonton René
    Nous aussi on t’embrasse A bientôt
    Chantal et Jean-Luc

  5. Hello Romain !
    Je suis toujours impressioné par tes aventures !
    Bon courage dans le grand froid !
    Take Care !
    Bon courage
    Matt

  6. Bonjour Romain,
    il fait surement plus froid qu’en salle Ronsard !! bravo pour ton courage dans cette magnifique aventure.
    Jean-Fabrice

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s