SIBERIE – Le Far-East – 17/11/2008

De l’alcool, de la violence, de la prostitution. Je crois bien que la Russie m’offre son far-east dans cette Sibérie sauvage à quelques centaines de kilomètres du nord du lac Baïkal.

Lioucha avait proposer d’embarquer machine et cycliste à quelques kilomètres de sa ville. La nuit était tombée et je ne me réjouissais guère à l’idée de parcourir les derniers kilomètres sur la route enneigée. J’acceptais avec plaisir après avoir arraché mon passe-montagne qui s’était collé à ma barbe avec le froid. Mon premier voyage en mastodonte russe de la route.
Une dizaine de minutes plus tard nous étions assis autour d’une table dans sa petite maison. Au centre, le poêle à bois nous faisait profiter de sa bienfaisante chaleur après cette journée à -30°C. Il me racontait ses histoires de soldat en Afghanistan et au Vietnam, je parlais de mon voyage. Sur la petite table, Lioucha faisait se succéder poissons et gibiers qu’il sortait du congélateur extérieur. Et nous buvions de la vodka, verre après verre, bouteille après bouteille. Nous terminâmes tout deux la première soirée bien éméchés.

Au levé du second jour, je me préparais, pensant reprendre la route ; c’était sans compter sur mon hôte qui voulait me faire déguster tous les plaisirs de la région. De nouvelles bouteilles de vodka prirent rapidement place sur la table. Midi approché et nous avions déjà vidé quelques bouteilles. Lioucha me quitta. Je pensais à tord qu’il allait se procurer de nouvelles munitions. Il revint avec deux filles qu’il me présenta comme filles de joie.
La journée se poursuivit ainsi. Dans un coin de la datchka, un vieux magnétophone laissait échapper d’une K7 tournant en boucle quelques chansons russes. Autour de la petite table prostitués et amis se succédaient, et au sol s’accumulaient les cadavres de bouteilles. Je quittais la maison un moment pour laisser mon hôte à son affaire avec une des filles. Lorsque je revins le manège repris de plus bel. Dans la soirée, Lioucha agrémenta l’ambiance de menaces physiques envers amis et prostituées. Dans tout ça, je m’efforçais de limiter mon état d’ébriété.

Après une pause entre deux heures et huit heures du matin, lorsque la maisonnée fut réveillée, la vodka coulait à flot à nouveau. Je réussis finalement à m’extirper de chez mon hôte sur les coups de 16h. Cela faisait trois jours que les robinets étaient ouverts. Rien ne laissait présager qu’ils allaient s’arrêter là.

De mon côté, mon destin devait me conduire à passer la nuit dans la gare voisine sous la protection de la police, mais sans que ça n’ait de relations avec mon aventure Lioucha-ienne.

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