ESTONIE – Le passage

Ce passage de frontière, je le désirais depuis longtemps. Le parcours administratif ne fut pas évident (et il n\’est pas terminé, puisque je suis actuellement dans la dernière étape : l\’enregistrement dans les 72h après le passage de la frontière), mais le plaisir du passage en fut que plus délicieux.

Après m\’être un peu perdu dans la ville frontalière de Narva (me donnant ainsi l\’occasion de pratiquer mes racines de rudiment de début de russe), mon premier aperçu de la ligne sacrée fut saisissant. Je pus la contempler depuis un promontoire mis sur mon chemin par le gentil hasard.

La frontière est ici une rivière. Un pont la surplombe, c\’est le chemin que je vais emprunter. Je vous rassure : il n\’est pas encore question de m\’amuser à passer en fraude en Russie. Et surtout, sur chaque rive, deux places fortes s\’affrontent. Au romantisme du château estonien, répond la force du fort russe. Tout deux arborent fièrement leurs drapeaux nationaux, mais de là où je me trouve, ils semblent de dimensions bien ridicules au regard des édifices qu\’ils coiffent.

Le château estonien

La rivière n\’est pas bien large, bien moins qu\’un trait de flèche (et encore bien moins qu\’une portée de tirs de canon). Et pourtant les deux châteaux ne semblent pas avoir soufferts de guerres incessantes. Peut-être avaient-ils à l\’époque déjà inventé la notion de guerre froide… La question reste ouverte.

Voici pour une vue panoramique du décor. Il reste ensuite à rentrer dans les détails.

Au bout de la route s\’offrent à moi deux files : une courte, et une longue ; une pour les véhicules à moteur, une pour les autres. Je suis classé dans les autres. Un garde-frontière m\’indique la longue file de piétons. Il va falloir attendre. La queue mène à une porte par laquelle je me demande si mon vélo va bien pouvoir passer. On improvisera. Par cette porte, des gens rentrent se rapprochant un peu plus de la Russie, mais des gens en sortent aussi. Alors que les entrants ne présentent pas de signes particuliers, les sortants se caractérisent par leurs bagages. Ils ne sont pas conséquents, mais leurs contenus ont suffisamment d\’importance pour que le quidam se soit tapé 1h de queue dans un sens et 1h dans l\’autre sens dans la journée. Au menu : clopes et alcool. Le monde marche comme il peut.

Je passe la porte à mon tour. Premier contrôle de papiers, la douane estonienne. Facile. Fingers in ze noz. Ma plus grande difficulté aura été les manœuvres à réaliser à l\’intérieur du minuscule poste frontière. Je sors et je me retrouve sur le pont observé une bonne heure auparavant. Interdit de circuler à vélo : « à pied les vélos ». Derrière moi le château estonien, face à moi le fort russe. De chaque côté du pont des grillages surplombés de fils barbelés empêchent toute intrusion par des commandos qui arriveraient en barque par la rivière. Un no-man\’s land comme on en fait peu en Europe. Ce pont-frontière me rappelle le tristement célèbre pont de Mitrovica entre Serbie et Kosovo. Mais ici, les armes ne parlent pas.

La place forte russe

Au bout du pont, re-belote. Nouvelle file d\’attente, nouveau poste frontière. Mais, celui-ci est russe et la taille de la porte est plus encourageante. Je passe le contrôle, mon passeport est tamponné. Youpee. Je m\’apprête à sortir mais un gradé m\’interpelle. Ils regardent mes papiers et voit que je suis français. Un sourire se dessine sur son visage : « Ah français ». Je luis demande (in english of course) si il veut voir ce qu\’il y a dans mes sacs. Pas besoins, et il me gratifie d\’un souriant « Bienvenu » (en russe pour le coup).

Me voici maintenant en Russie pour un voyage d\’affaire de trois mois. Kak ia rat ! (Comme je suis content)

1 comment

  1. On se croirait dans un bon James Bond, avec l’ambiance de guerre froide, ses officiers russes avec l’uniforme plein de médailles…

    Je te vois bien au milieu du pont avec un peu de brume qui t’empêche de voir l’autre rive, ce fameux no man’s land…

    Salut.

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