FINLANDE – De l’autre côté – Jour 88

Il y avait la Norvège et ces fjords, et puis voici que je m’élance de Skibotn, village le plus septentrional de mon périple – jusqu’à présent. J’utilise mes dernières couronnes norvégiennes pour m’acheter un pain. Et la route commence à monter pour me faire quitter le pays.

Une fois au sommet, chose assez rare, un panneau indique l’altitude : six cent mètres et des brouettes M.O.H (au dessus du niveau de la mer). Je bascule et me voici en Finlande, devant moi la Laponie. Il y a d’abord la nature bien sûr. Les hectares de forêt s’étendent à perte de vue, parsemée ici ou là de lacs bordés de petits chalets. Et puis il y a les rennes qui m’ouvrent la route – je dois d’ailleurs dire que… ça a vraiment l’air bête un renne, ajoutez-y en plus un collier rose comme j’ai pu en voir et on tombe dans le ridicule.

Mais, il y a aussi cette première rencontre avec la civilisation, une fois mes premières dizaines de kilomètres lapons effectués. Le premier supermarché qui s’offre à moi. Accolé au supermarché, une station essence et magasin de bricolage. Autour quelques maisons d’habitation. Et puis c’est tout. Sur le parking les norvégiens et les autochtones viennent faire leurs courses.

J’ai tout d’abord cru que ce « complexe » commercial ne devait son existence qu’à son statut de « frontalier », mais le reste de mon périple à travers la Laponie me fait maintenant penser différemment.

La Laponie, pour ce que j’ai pu en voir, est ainsi faite. Des routes la traversent. Sur ces routes, de multitudes de petits hameaux ; et puis tous les cinquante, soixante ou soixante-dix kilomètres, il y a ces villages aux magasins qui peuvent sembler disproportionnés. Attention, je ne dis pas que j’y trouvais des Hyper U. Mais là où le français moyen que je suis s’attendrait à un marché U, j’avais le choix entre deux super U. Pour ajouter à la confusion, ils ajoutent en plus un choc culturel pour celui qui débarque de Norvège : les magasins sont ouverts quasi-systématiquement le dimanche. Nous sommes bien loin des villes dominicale-ment mortes norvégiennes.

Enfin, de l’autre côté il y a de la vie en ce mois de septembre. La Norvège du Nord commençait à devenir touristique-ment inerte en cette fin d’été. Les Lofoten étaient vidés depuis longtemps de leurs pêcheurs saisonniers, les enfants reprenaient le chemin de l’école, et les hôtels et les campings fermaient sur ma route. La preuve en est qu’à trois reprises sur la fin de mon périple norvégien, j’ai installé mon campement dans des campings ou au pied d’hôtel devenus fantômes.

La Finlande me présente rapidement un autre visage. Les campings-cars (autochtones…) fleurissent sur les routes et les campings demeurent encore bien remplis.

Les frontières ne sont pas (toujours) que des trais sur des cartes.

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