Jour 1 – Premiers kilomètres – 10/06/2008


Sur les routes de l’orne

Je reprends. Une fois la direction prise, une fois le Petit Riousse dépassé, je me retrouvais encore sur les routes de mon enfance. Dans ma tête une seule chose m’obnubilait : St Christophe du Jambet ; une sorte d’Everest de mon enfance cycliste (avec la non moins célèbre côte de Vinay). St Christophe est un peu comme la montagne à la frontière du territoire connu, la montagne que tu dois franchir comme un rite initiatique avant de pouvoir partir par delà le vaste monde. Dans les faits, il s’agit d’un petit village situé à l’entrée des Alpes Mancelles et surtout perché en haut d’une colline aux pentes abruptes.

Comme je l’évoquais plus tôt, étant plus jeune j’avais un faible pour les côtes fortement pentues qui n’avaient leur place dans le paysage que pour nous défier, moi et mon vélo grand plateau/petit pignon. J’avais pu accrocher St Christophe à mon tableau de chasse à plusieurs reprises. Je n’en suis plus capable dans les mêmes conditions…. et puis… j’ai arrêté de courir après les moulins… encore que…

Effectivement, à la lumière de mon aventure, St Christophe me proposait un nouveau défi : réussir tout simplement à monter. Mes interrogations en début d’étape étaient donc de cette nature : est-ce-que je me sens capable de relever ce premier défi ?

Mon inconscient finit par répondre en me faisant prendre un mauvais chemin qui me fit contourner St Christophe. Lorsque je m’en rendis compte, le village était derrière ; du haut de la colline, l’église me narguait. Je reviendrai St Christophe, je reviendrai !

Ce défi avorté représentait aussi symboliquement le moment où je quittais mon territoire d’enfant pour découvrir de nouveaux horizons. Une fois St Christophe dépassé, plus aucun chemin connu, plus aucun village auxquels se rattacher.

Me voici donc maintenant à longer les Alpes Mancelles. Mon refus de masochisme de cette première étape m’empêche de m’y lancer à corps perdu. Je crois que de toutes façons, mes jambes pouvaient se contenter des difficultés que je leur proposais.

La veille de mon départ, mes parents m’avaient suggéré, à raison, de m’arrêter chez mon Oncle et ma Tante à une dizaine de bornes d’Alençon. Je n’avais osé appeler de peur de ne pas réussir à y arriver en cette première étape. Ma confiance étant tant limitée, j’avais même pris le soin de faire quelques courses au cas où j’aurais eu à assurer mon repas du soir.

Le soleil tapait fort, une des premières journées de beau temps du mois de juin. Au bout d’une quarantaine de kilomètres, la fatigue commença à se faire sentir, je me mis en mode décompte pour m’aider à avancer avec mon objectif en point de mire. Finalement j’arrivais chez mon Oncle et ma Tante sur les coups de 19h après 4h de route. Cette durée de voyage matérialise bien l’échelle de distance dans laquelle je suis maintenant plongé. Il faut transformer les échelles habituelles pour les ajuster à la réalité du rando-cycliste. Alors qu’en voiture, il est possible d’aller chez mon Oncle, y manger puis repartir dans la soirée… en vélo ce n’est plus possible. Le trajet prend son sens et sa réalité physique.

Donc, en arrivant, j’eus l’occasion de faire une bonne surprise à mes hôtes qui ne s’attendaient pas à me voir débarquer. Je pus ainsi passer une première arrêt dans un cocon douillé jusqu’au lendemain midi.

6 comments

  1. N’oublies de nous donner tes points de départ et arriver pour mettre à jour ton trajet sur Google maps

    PS : tu as le bonjour de Régis et Philippe L.

  2. Allez cousin, plus que…. une bonne année et demie à tenir, t’as déjà fait le plus gros, tu t’es lancé! Par contre tu ma decu, même pas un second départ de la ville la plus belle du monde (parceque j’y réside bien sur :D) PARIS!!! Il est passé oû ton départ a 9h39 de la place de l’hôtel de ville? Allez, bon courage et met le plus régulierement des news sur ce petit site bien foutu.
    PS: Ca serait cool une petite photo de toi toutes les 2 semaines, histoire qu’on voit ta pilosité augmenter, ton corps bien portant sécher, et les cernes sous tes yeux s’accroitre! 😉

  3. Alors tu vois que l’entrainement était nécessaire…quoi que !!! Allez courage Romain…roule mais fais gaffe…A+ Fifi

  4. Salut Romain,
    tu connais mon inclination à piller ton patrimoine littéraire… Depuis les années Tonnerre de Presse, je compile tes hardiesses stylistiques (ou ésotériques), afin d’en être le spécialiste et l’historien attitré. Des mauvaises langues me traitent peut-être de voleur d’église, mais tes descendants viendront me voir pour une exégèse de tes Gestes. (tout ça pour te dire que je t’emprunte des extraits de voyage, pour la revue Espace-Temps. Merci d’avance.). JvP

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